La boulimie, c'est ça

La boulimie, c'est ça
Même si j'exècre les mouvements qui prônent l'ano et la boulimie, je trouve que cette lettre résume bien la souffrance avec les TCA

Lettre de MIA


Permets-moi de me présenter. Mon nom est, ainsi que me nomment les « docteurs », Boulimie. Boulimie Nerveuse en réalité, mais tu peux m'appeler Mia. Avec un peu de chance, nous pourrons devenir de bons partenaires. C'est pourquoi, à partir de maintenant, je vais te consacrer beaucoup de temps, et j'en espère autant de toi.

Dans le passé, tu en as tellement entendu de la part de tes professeurs, de tes parents, à ton sujet. Tu es si mature, intelligente, et il y a en toi un tel potentiel ! Puis-je te demander où cela a bien pu te mener ? Absolument nulle part ! Tu n'es pas parfaite, tu ne donnes jamais véritablement le meilleur de toi-même, et tu gâches ton temps à penser, parler avec tes amis, écrire. De tels comportements de complaisance ne seront plus permis à l'avenir.
Tes amis ne te comprennent pas ? Ils ne sont pas honnêtes. Quand tu as commencé à te sentir mal dans ta peau, peu à peu, et que tu les as questionnés... Est-ce que j'ai l'air... grosse ? Et qu'ils ont répondu... Oh non, bien sûr que non ! Tu savais déjà qu'ils te mentaient. Moi, je te dis seulement la vérité. Et tes parents ! Tu sais qu'ils t'aiment et qu'ils font attention à toi, mais c'est juste parce qu'ils sont tes parents et qu'ils ont l'obligation de le faire. Je vais te dire un petit secret maintenant : au plus profond d'eux-mêmes, ils sont déçus par toi. Toi, le fruit de leurs entrailles, avec un tel potentiel, tu es devenue grosse, fainéante et indigne.
Mais moi, je peux changer tout cela. ..

J'attends beaucoup de toi. Je t'autoriserais à manger. Je ne vais pas te priver d'une de tes seules joies dans la vie. Une vraie amie ne ferait pas cela. Mais je t'aiderais à compenser le fait que tu ai mangé. Ainsi, je commencerais doucement : Tu mangerais un sandwich et je te ferais sentir coupable, tu boiras un soda et tu feras du sport pendant deux heures, tu mangerais une part de gâteau que tu vomiras, etc.... pendant un moment se sera simple, si tu manges, tu devras être torturée après. Rien de vraiment très sérieux. Peut être cela de fera perdre quelques kilos, te permettra de sortir la graisse de ton estomac.

Mais ce ne sera pas long avant que je te dise que ce n'est pas suffisant. J'exigerais donc que tu te fasses vomir après chaque repas. Je te pousserai jusqu'à la limite. Tu dois bien te mettre cela dans le crâne, car tu ne pourras pas me défier.
Dès à présent, je m'infiltre en toi. Bientôt, je serai avec toi à chaque instant. Je serai là quand tu te lèveras le matin et que tu te précipiteras pour te peser sur ta balance. Ton poids deviendra d'ailleurs ton ami et ton ennemi, et tu espèreras avec frénésie le voir chaque jour un peu plus bas que la veille. Pourtant, tu regarderas le miroir avec consternation. Tu enfonceras tes doigts dans ta graisse et tu souriras quand tu toucheras les os.
Oui, je serai là quand tu calculeras et organiseras ta journée : 1500 calories, 6 heures d'exercice, 4 purges avec 7 laxatifs. Je serai la seule qui puisse t'aider à le faire, parce que mes pensées ne feront plus qu'une avec les tiennes.

Je serais avec toi quand tu iras dans les toilettes, t'asseyant devant la cuvette et enfonçant tes doigts au plus profond de ta gorge. Je te suivrai tout au long de la journée. A l'école, quand ton esprit errera je lui donnerais quelque chose à penser : réfléchir à savoir comment tu seras capable de vomir après le dîner, évidemment tu trouveras une solution, sinon tu resteras une grosse dinde. Je remplirais ton esprit de nourriture, de poids, de calories.. Car maintenant, je suis vraiment en toi. Je suis dans ton âme, dans ton c½ur, dans ta tête. La peine que tu prétends ne pas ressentir, c'est moi.

Patiente, je te dirai bientôt non seulement quoi faire avec la nourriture, mais quoi faire de tout ton temps : sourire ou pas, te présenter poliment, rentre ton ventre bordel ! Mon dieu tu es vraiment une grosse vache !

Quand les repas arriveront, je te dirais quoi faire. Je ferais d'un bol de crème glacée une aventure de plaisir inoubliable. Comment puis-je enlever cela de moi ? Jêuner pendant deux jours ? Ou pourquoi pas du sport pendant 3 heures ?
Je te forcerai à regarder les magazines. Tous ces corps parfaits de mannequins et de sportifs, modelés à la perfection. Je te ferai comprendre que tu ne seras jamais comme eux. Tu seras toujours grosse, et jamais aussi parfaits qu'eux. Quand tu regarderas de nouveau dans le miroir, je déformerai ton image. Je te montrerai ton obésité et ta laideur. Tu devras le croire car je te donne le meilleure de moi-même, je suis ta seule vraie amie.

Parfois, tu te rebelleras. Heureusement pas souvent. Tu entendras une petite rébellion tout au fond de ton corps et tu te dirigeras dans la cuisine sombre. La porte s'ouvrira lentement, grinçant légèrement. Tes yeux regarderont toutes cettes nourritures que j'avais pourtant à garder à bonne distance de toi. Et comme dans un cauchemar, tes mains plongeront dans les paquets de gâteaux, machinalement tu te gaveras, sans apprécier le goût, juste pour exprimer le fait que tu me détestes. Tu prendras un paquet, puis un autre, et encore un autre. Ton estomac se gonflera et deviendra grotesque. Mais tu ne pourras plus t'arrêter. Et moi, je te crierai STOP, toi la grosse vache, tu n'as vraiment aucun contrôle de toi, tu vas redevenir grosse et nulle. Puis, quand ce sera terminé, tu me demanderas des conseils parce que tu ne veux pas redevenir grosse. Pitoyable ! Tu as violé la règle principale en mangeant sans te purger et maintenant tu veux que je revienne !

Je te forcerais à jeûner pendant trois jours. Et tu le feras car tu es à moi maintenant. Probablement le choix que j'utiliserais pour te faire sentir coupable sera différent : Peut – être choisirais-je de te faire prendre des laxatifs, ainsi tu seras assise sur les toilettes jusqu'au petites heures du matin, sentant tes intestins se tordrent de douleurs. Ou bien je te ferais frapper ta putain de tête contre les murs jusqu'à avoir une bosse. Te mutiler est aussi efficace. Je veux que tu voies ton sang qui coule de ton bras et alors dans la seconde qui suit, tu réaliseras que tu mérites toutes les peines que je t'inflige.

Tu es dépressive, obsédée, fatiguée, souffrante mais personne n'entends ! Qui s'en soucie ? Tu la mérité ! Tu t'es fait ça toi-même ! Oh ! Suis-je dure ? Tu ne veux pas que cela t'arrive ? Suis-je injuste ? Je fais les choses qui t'aident voyons ! Je fais mon possible pour que tu arrête de penser à toutes les émotions qui te causent du stress. Ces pensées de colère, de tristesse, de désespoir, de nullité, et de solitude, peuvent cesser, je les emporte avec moi et à la place je te remplis simplement la tête d'un méthodique calcul des calories. J'emporte ta lutte pour t'adapter aux gens de ton age, la lutte qui fais que tu veux plaire à tout le monde. Parce que maintenant, je suis ta seule amie et la seule à qui tu dois plaire.
J'ai un petit secret. Mais personne ne doit savoir. Si tu décide de retourner en arrière, de trouver des gens pour leur dire quelle vie je te fais vivre, tout sera brisé entre nous. Personne ne doit chercher à te comprendre, personne ne doit briser la carapace dont je te recouvre. Je t'ai créé, disciplinée. Tu es à moi et à moi seule. Sans moi, tu n'es rien. Alors sois docile. Quand les gens parlent sur moi, ignore-les. Oublie les, oublie tous ceux qui veulent nous séparer. Je suis ta plus grande amie et j'entends bien le rester.

Sincèrement, Mia.

# Posted on Tuesday, 17 July 2007 at 4:37 PM

Edited on Wednesday, 18 July 2007 at 5:01 AM

Extraits de "Piegée", Maria Hornbacher

"...Le corps et l'esprit se séparent, et c'est dans cette brèche que s'engouffrent les troubles du comportement alimentaire"

"Je ne me souviens pas d'une époque ou le mot "faim" ait eu un sens pour moi. Avoir faim ne signifiait pas forcément avoir l'estomac qui gargouille.Avoir faim c'était plutôt supplier ma mère de me faire du pain, m'assurant ainsi la proximité de son parfum..."

"...ensuite, la nourriture a un effet chimique appaisant sur le cerveau [...] que si je mangeais certains aliments [...] mon cerveau resterait tranquille, le monde s'arrêterait de tourner et je pourrais me concentrer sur un point précis."

"J'appelais "papa?" Pas de réponse. Je courrais à la cuisine, ouvrais le frigo, cherchais quelque chose à manger. Vite. Avant d'avoir le temps d'être triste. "

" Je me remplissais la bouche, remplissais le vide dans mon coeur, remplissais ces heures interminables, engourdie par la nourriture "

Image: Les roses sanglantes, Salvador Dalí, 1930


Extraits de "Piegée", Maria Hornbacher

# Posted on Wednesday, 04 July 2007 at 9:38 AM

Patience...quelque phrases qui font du bien

Patience...quelque phrases qui font du bien
extraits de "les compulsions alimentaires, se libérer de la boulimie" Sylvie Battle Jouvence Editions


Ambivalence dans le désir d'aller mieux
"En effet, pour aussi pathologique qu'il soit, un comportement famillier est rassurant. Or, guérir d'un mal qui nous affecte depuis un certain temps équivaut à quitter le famillier, ce qui peut générer d'énormes angoisses.Par ailleurs, un dysfonctionnement du comportement remplit une fonction donnée. Il est important de découvrir cette fonction de façon à trouver un substitut qui remplira cette même fonction. Sinon, la disparition du symptome pathologique laissera un vide qui poussera à reprendre le comportement pathologique."

Se méfier de l'impatience
" ...certes tout est question de volonté mais la volonté d'aller mieux n'entraîne pas automatiquement la capacité immédiate à aller vers le mieux-être."

Les arts pour ressentir plutôt que refouler
"L'important est de trouver le moyen de ressentir vos émotions pour ne pas les refouler. En d'autres termes, il s'agit de trouver des techniques pour tolérer l'intolérable. Tant que votre seule réponse aux émotions trop inconfortables sera de manger, vous serez prisonnier(ère) de la boulimie. La prochaine fois que vous éprouverez le besoin compulsif de manger, essayez de vous jeter sur vos pastels plutôt que sur vos biscuits....Ne vous posez pas de question...Ne vous censurez en rien! Il ne s'agit pas de faire des oeuvres de génie mais de canaliser l'inconfort qui vous habite dans un médium autre que l'ingestion de nourriture."

Photo : Stromboli by night, photo volée à mon mec ^^
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# Posted on Wednesday, 04 July 2007 at 6:22 AM

Edited on Thursday, 05 July 2007 at 4:12 AM

The road not taken

The road not taken
Two roads diverged in a yellow wood,
And sorry I could not travel both
And be one traveler, long I stood
And looked down one as far as I could
To where it bent in the undergrowth.

Then took the other, as just as fair,
And having perhaps the better claim,
Because it was grassy and wanted wear;
Though as for that the passing there
Had worn them really about the same.

And both that morning equally lay
In leaves no step had trodden black.
Oh, I kept the first for another day!
Yet knowing how way leads on to way,
I doubted if I should ever come back.

I shall be telling this with a sigh
Somewhere ages and ages hence:
Two roads diverged in a wood, and I--
I took the one less traveled by,
And that has made all the difference. | Robert Frost |

Photo: étang vers le lac de NE, mars 2006

# Posted on Sunday, 01 July 2007 at 7:39 PM

Edited on Tuesday, 03 July 2007 at 6:04 AM